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Techno/Hard Techno

11 avril 2026

par Samreeez

Elina

(CH)

Intro

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elina, j’ai vingt-quatre ans, et mon nom d’artiste est également Elina. Pendant longtemps, j’ai cherché un blaze, sans jamais parvenir à trouver quelque chose qui me corresponde réellement. Finalement, conserver mon prénom s’est imposé comme une évidence, puisqu’il reflète à la fois ma personnalité et ma manière de créer. Chez moi, il est d’ailleurs difficile de tracer une frontière entre les deux, comme si elles s’entremêlaient naturellement.

Est-ce que tu as grandi dans une famille d’artistes ?

Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils ont très vite repéré ma fibre artistique. Ils ont compris assez tôt que je ne passerais pas à côté de cette passion. Donc j’ai été plongée très jeune dans un univers créatif. J’ai commencé au sein de la troupe de Sonia Grimm, une chanteuse pour enfants qui se produisait beaucoup en Suisse romande, puis je me suis tournée vers le chant. Très tôt, la musique a pris de la place. Petite, le « Père Noël » m’avait offert un piano électrique, et c’est là que j’ai commencé à chercher mes premiers accords, à composer de petites choses, mais aussi à reproduire des morceaux à l’oreille. J’ai appris le piano en autodidacte avant de suivre des cours de solfège, jusqu’à obtenir mon diplôme. Par la suite, j’ai arrêté le piano, l’approche était devenue trop scolaire, le conservatoire me prenait la tête, même si j’aime toujours profondément cet instrument. En parallèle, j’avais commencé la production. Ma musique a évolué avec moi, passant d’un univers plutôt pop à des directions plus expérimentales, au gré de mes influences. Chez moi, la musique a toujours été omniprésente.

Quels sont les souvenirs musicaux de ta jeunesse ?

Je me souviens surtout d’un moment précis de mon enfance. Mon père avait des classeurs remplis de CD, qu’il appelait ses “archives”, avec beaucoup d’albums de trance et de techno. Un jour, je suis tombée dessus et j’ai trouvé cette collection vraiment stylée. À l’époque, on mettait les albums sur iTunes avant de les transférer sur les iPods, alors je récupérais ses CD pour les écouter dans la voiture quand on partait au ski. Je me rappelle surtout de Children de Robert Miles. J’adorais toute la partie au piano. En revanche, dès que le kick arrivait et que la musique devenait plus techno, je remettais le morceau au début. C’est vraiment cette sonorité au piano qui me touchait. Quand j’y repense aujourd’hui, la petite Elina écoutait déjà du très bon son.

Tu étais fan de qui ?

Quand j’étais petite, j’écoutais surtout beaucoup de pop. J’ai été bercée par Shy’m, qui était clairement mon artiste préférée, une vraie fan. J’écoutais aussi énormément la radio, surtout le matin, quand je me préparais pour aller à l’école, puis plus tard pour le cycle. Il y avait notamment Manu dans le 6/9, que j’adorais écouter. Du coup, j’ai été beaucoup exposée à la variété française, puisque la radio tournait souvent à la maison. Et puis il y avait aussi les compilations des NRJ Music Awards, que tout le monde connaît.

Est-ce que tu vis de la musique ?

Aujourd’hui, être DJ reste une passion, même si j’aimerais pouvoir en vivre. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la production. À terme, je me verrais davantage dans un studio, dans une forme de “retreat”, à produire, pas seulement pour moi mais aussi pour d’autres artistes. J’adore être DJ, mais c’est aussi très “énergivore”. Parfois, je me demande si c’est viable sur le long terme et je me pose déjà ces questions alors que je ne tourne que depuis quelques années. De nos jours, c’est encore énormément lié à l’événementiel, donc à un milieu assez instable, où il faut composer avec beaucoup de paramètres. J’ai la chance d’être accompagnée par ma manager, qui est aussi une très bonne amie, et qui m’aide énormément au quotidien. Se développer en tant qu’artiste en Suisse, ce n’est pas simple. Je n’ai pas encore eu l’occasion de mixer à l’étranger, et c’est clairement un objectif, une étape que j’aimerais franchir. Développer mon public, diversifier les lieux, et pouvoir revenir avec des concepts encore plus créatifs.

“Il y a aussi l’envie de pouvoir m’ouvrir à d’autres zones géographiques comme la France, l’Italie, et plus loin.”

Wet Dreams Only

Pourquoi sortir Wet Dreams Only maintenant ?

Premièrement, je dirais que sortir des singles est un peu surcoté. Ce que j’aime personnellement, c’est écouter un projet, un album, dans sa continuité. Je me souviens quand Billie Eilish a sorti son dernier album. J’étais en road trip au Canada avec mes parents, dans la voiture, et j’ai écouté le projet du début à la fin. C’est le genre d’album que tu lances et que tu écoutes sans rien toucher, dans son intégralité. Aujourd’hui, dans la techno, il y a très peu d’albums. Moi, j’aimerais pouvoir prendre une période de ma vie artistique et la transformer en projet, avec une direction visuelle et artistique forte. Créer quelque chose de complet, que tu présentes comme une œuvre. Ce qui m’intéresse surtout, c’est raconter une histoire. Même dans mes DJ sets, j’ai toujours fonctionné de cette manière. Je varie, parce que moi-même j’écoute des choses très différentes. Je m’ennuie si je reste dans un seul univers. L’idée, c’est de pouvoir créer une musique que je peux jouer dans mes sets, quelque chose de personnel mais adaptable. À ce moment de ma carrière, je me suis aussi rendu compte que je n’avais rien sorti depuis un moment. Ce n’était plus possible, j’avais une liste de productions qui s’accumulait. C’est un peu le cercle vicieux classique du producteur ou de la productrice. Produire sans jamais publier. Et moi, j’ai compris que si je voulais avancer, je devais sortir cet album pour pouvoir passer à autre chose.

Quelle a été ton impulsion ?

L’idée de faire un album est notamment venue après ma participation au M4Music Festival, qui organise le Demotape Clinic que j’ai remporté l’année dernière. J’avais reçu un prix pour mon morceau Wet Dreams Only, et à ce moment-là je me suis dit que je ne voulais pas en faire un simple single. J’ai préféré construire un album autour de ce point de départ. En parallèle, j’ai aussi reçu un soutien financier de fondations, ce qui m’a permis de mettre de l’argent de côté et de l’investir dans le projet. Wet Dreams Only vient aussi de cette idée de rêve et ce qui nous dépasse. Je rêve beaucoup. Après, je ne vais pas forcément préciser de quels rêves il s’agit, je préfère que ça reste ouvert à l’interprétation.

Quel message veux-tu faire passer ?

La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien avec soi. L’idée était de construire un album pensé comme un tout, qui s’écoute d’une traite, sans rupture. Il y a une intro, une outro, pensé comme un chemin à suivre. Je voulais quelque chose qui ressemble à une œuvre, avec une dimension presque dramatique, portée par une narration musicale globale. Et puis que chacun puisse s’y attacher différemment, en choisissant un morceau et en se disant, celui-là, c’est mon préféré parmi les huit.

Quel est ta track coup de cœur ?

Sans doute l’intro. Elle reprend cette idée d’être obsédée par une personne qui n’existe pas dans la réalité, mais uniquement dans les rêves. Une présence qui n’apparaît que pendant le sommeil, et qui devient presque une évidence dans cet espace-là. À partir du rêve, il y a une forme de fixation qui s’installe. Le sommeil devient le seul moment où cette rencontre est possible. Cela crée une émotion très forte, un attachement à quelque chose qui vient du subconscient, de l’imaginaire. C’est une perception que je me suis construite dans le sommeil, une figure qui n’existe que là, mais qui prend malgré tout beaucoup de place.

Qu’as-tu prévu pour la suite ?

En parallèle, je vais enchaîner avec un EP. Parce qu’une fois l’album terminé, je m’étais déjà remise à produire d’autres sons. Du coup, un nouveau projet commence doucement à se dessiner, qui devrait arriver après la sortie de l’album. J’ai collaboré avec des artistes françaises qui ont remixé deux de mes morceaux.

“La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien entre soi, le spirituel.”

Musique

Comment décrirais-tu ton style de musique ?

Je dirais que je fais de la techno. Mais en réalité, ce que je crée, c’est avant tout une extension de moi. C’est difficile à expliquer, mais c’est une techno nourrie par plein d’artistes et de styles que j’écoute au quotidien. Je compose surtout pour que je puisse jouer mes morceaux et si d’autres peuvent les jouer, c’est encore mieux. Je dirais donc techno et hard techno, ce sont les directions principales que j’explore et que je mélange, avec beaucoup d’influences en arrière-plan. Ces derniers temps, j’ai été marquée par Vel et DJ KTK. Il y a aussi AADJA, que j’écoute beaucoup, notamment pour sa manière d’utiliser la voix. C’est inspirant, parce que je chante et qu’il y a ma voix dans toutes mes productions. C’est à la fois un outil et un instrument, quelque chose qui fait pleinement partie de mon identité. Je me nourris également d’univers plus indie pop ou rock. J’ai reçu récemment un vinyle de Massive Attack, dont j’aime beaucoup l’univers, notamment le travail sur la guitare. Billie Eilish m’a aussi beaucoup influencée surtout dans sa manière de construire une véritable identité artistique. Dans mon projet, je me nourris de beaucoup de choses comme des voyages et des expériences.

Quel est ton processus créatif ?

Je m’installe à mon bureau, je mets une petite jaquette violette, je prends mon café, et je peux rester des heures concentrée sans même penser à aller aux toilettes. Je suis vraiment dans un état de concentration, assez intense. Et puis d’un coup, je me dis que ce que j’ai produit est nul, et je recommence. En réalité, en ce moment, je n’ai pas trop créé. Ce travail me prend parfois trop la tête, donc je fonctionne par phases. Il y a aussi quelque chose de plus instinctif, lié à l’énergie du moment. Je me sens connecté avec ce qui m’entoure, que ce soit mes proches ou les choses banales du quotidien. Parfois je suis plus inspirée selon les périodes, presque comme si la lune jouait un rôle. Quand il y a la pleine lune, j’ai l’impression qu’il y a plus de flow, que je suis plus connectée à quelque chose. C’est un côté un peu spirituel chez moi.

D’où vient l’envie de créer ?

C’est une forme de « coping mechanisms », une manière de gérer certaines émotions ou de relâcher une tension. Plutôt que de l’exprimer verbalement, je le fais à travers la musique. J’ai toujours fonctionné comme ça. Même petite, quand j’avais quelque chose à exprimer, pas forcément négatif, mais fort, je passais par le chant. Je chantais dans ma chambre, un peu comme dans une comédie musicale.

Industrie

Que penses-tu de la représentation des femmes dans l’industrie ?

Les FLINTA sont clairement sous-représentées dans l’industrie musicale. On est environ 25% dans le milieu, et à peine 30% sur les line-ups. Et pourtant, en 2026, on voit encore des programmations entièrement masculines. À un moment, ce n’est plus une question de “ne pas connaître d’artistes FLINTA”, c’est un choix. Trop souvent, les FLINTA sont placées en opening, presque comme une obligation pour équilibrer visuellement un line-up, plutôt que pour leur travail artistique. Il y a aussi des questions de sécurité qui ne sont pas toujours prises en compte. Ça m’est déjà arrivé d’aller mixer seule à Berne ou à Bâle sans qu’on vienne me chercher à la gare, et de devoir rentrer seule la nuit. Ce sont toutes ces raisons qui m’ont poussée à développer ma propre association, Alectrona. C’est une communauté qui met en avant les valeurs de la fête tout en étant engagée. L’objectif est de rendre les FLINTA et la scène queer plus visibles. Après, je ne veux pas tout réduire au négatif, parce que j’ai conscience d’être dans une position privilégiée. J’ai la chance d’évoluer dans un pays développé, dans un environnement globalement sécurisé. Mais en Suisse, et plus largement dans la musique électronique, je trouve que l’industrie reste très contradictoire. On parle de culture et d’ouverture, mais dans les faits, les opportunités restent encore limitées pour certaines personnes.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

pacapmagazine@gmail.com

Pacap Studio

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All rights reserved, ©Pacap

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Techno/Hard Techno

11 avril 2026

par Samreeez

Elina

(CH)

Introduction – Elina

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elina, j’ai vingt-quatre ans, et mon nom d’artiste est également Elina. Pendant longtemps, j’ai cherché un blaze, sans jamais parvenir à trouver quelque chose qui me corresponde réellement. Finalement, conserver mon prénom s’est imposé comme une évidence, puisqu’il reflète à la fois ma personnalité et ma manière de créer. Chez moi, il est d’ailleurs difficile de tracer une frontière entre les deux, comme si elles s’entremêlaient naturellement.

Est-ce que tu as grandi dans une famille d’artistes ?

Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils ont très vite repéré ma fibre artistique. Ils ont compris assez tôt que je ne passerais pas à côté de cette passion. Donc j’ai été plongée très jeune dans un univers créatif. J’ai commencé au sein de la troupe de Sonia Grimm, une chanteuse pour enfants qui se produisait beaucoup en Suisse romande, puis je me suis tournée vers le chant. Très tôt, la musique a pris de la place. Petite, le « Père Noël » m’avait offert un piano électrique, et c’est là que j’ai commencé à chercher mes premiers accords, à composer de petites choses, mais aussi à reproduire des morceaux à l’oreille. J’ai appris le piano en autodidacte avant de suivre des cours de solfège, jusqu’à obtenir mon diplôme. Par la suite, j’ai arrêté le piano, l’approche était devenue trop scolaire, le conservatoire me prenait la tête, même si j’aime toujours profondément cet instrument. En parallèle, j’avais commencé la production. Ma musique a évolué avec moi, passant d’un univers plutôt pop à des directions plus expérimentales, au gré de mes influences. Chez moi, la musique a toujours été omniprésente.

Quels sont les souvenirs musicaux de ta jeunesse ?

Je me souviens surtout d’un moment précis de mon enfance. Mon père avait des classeurs remplis de CD, qu’il appelait ses “archives”, avec beaucoup d’albums de trance et de techno. Un jour, je suis tombée dessus et j’ai trouvé cette collection vraiment stylée. À l’époque, on mettait les albums sur iTunes avant de les transférer sur les iPods, alors je récupérais ses CD pour les écouter dans la voiture quand on partait au ski. Je me rappelle surtout de Children de Robert Miles. J’adorais toute la partie au piano. En revanche, dès que le kick arrivait et que la musique devenait plus techno, je remettais le morceau au début. C’est vraiment cette sonorité au piano qui me touchait. Quand j’y repense aujourd’hui, la petite Elina écoutait déjà du très bon son.

Tu étais fan de qui ?

Quand j’étais petite, j’écoutais surtout beaucoup de pop. J’ai été bercée par Shy’m, qui était clairement mon artiste préférée, une vraie fan. J’écoutais aussi énormément la radio, surtout le matin, quand je me préparais pour aller à l’école, puis plus tard pour le cycle. Il y avait notamment Manu dans le 6/9, que j’adorais écouter. Du coup, j’ai été beaucoup exposée à la variété française, puisque la radio tournait souvent à la maison. Et puis il y avait aussi les compilations des NRJ Music Awards, que tout le monde connaît.

Est-ce que tu vis de la musique ?

Aujourd’hui, être DJ reste une passion, même si j’aimerais pouvoir en vivre. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la production. À terme, je me verrais davantage dans un studio, dans une forme de “retreat”, à produire, pas seulement pour moi mais aussi pour d’autres artistes. J’adore être DJ, mais c’est aussi très “énergivore”. Parfois, je me demande si c’est viable sur le long terme et je me pose déjà ces questions alors que je ne tourne que depuis quelques années. De nos jours, c’est encore énormément lié à l’événementiel, donc à un milieu assez instable, où il faut composer avec beaucoup de paramètres. J’ai la chance d’être accompagnée par ma manager, qui est aussi une très bonne amie, et qui m’aide énormément au quotidien. Se développer en tant qu’artiste en Suisse, ce n’est pas simple. Je n’ai pas encore eu l’occasion de mixer à l’étranger, et c’est clairement un objectif, une étape que j’aimerais franchir. Développer mon public, diversifier les lieux, et pouvoir revenir avec des concepts encore plus créatifs.

“Il y a aussi l’envie de pouvoir m’ouvrir à d’autres zones géographiques comme la France, l’Italie, et plus loin.”

Wet Dreams Only – Elina

Pourquoi sortir Wet Dreams Only maintenant ?

Premièrement, je dirais que sortir des singles est un peu surcoté. Ce que j’aime personnellement, c’est écouter un projet, un album, dans sa continuité. Je me souviens quand Billie Eilish a sorti son dernier album. J’étais en road trip au Canada avec mes parents, dans la voiture, et j’ai écouté le projet du début à la fin. C’est le genre d’album que tu lances et que tu écoutes sans rien toucher, dans son intégralité. Aujourd’hui, dans la techno, il y a très peu d’albums. Moi, j’aimerais pouvoir prendre une période de ma vie artistique et la transformer en projet, avec une direction visuelle et artistique forte. Créer quelque chose de complet, que tu présentes comme une œuvre. Ce qui m’intéresse surtout, c’est raconter une histoire. Même dans mes DJ sets, j’ai toujours fonctionné de cette manière. Je varie, parce que moi-même j’écoute des choses très différentes. Je m’ennuie si je reste dans un seul univers. L’idée, c’est de pouvoir créer une musique que je peux jouer dans mes sets, quelque chose de personnel mais adaptable. À ce moment de ma carrière, je me suis aussi rendu compte que je n’avais rien sorti depuis un moment. Ce n’était plus possible, j’avais une liste de productions qui s’accumulait. C’est un peu le cercle vicieux classique du producteur ou de la productrice. Produire sans jamais publier. Et moi, j’ai compris que si je voulais avancer, je devais sortir cet album pour pouvoir passer à autre chose.

Quelle a été ton impulsion ?

L’idée de faire un album est notamment venue après ma participation au M4Music Festival, qui organise le Demotape Clinic que j’ai remporté l’année dernière. J’avais reçu un prix pour mon morceau Wet Dreams Only, et à ce moment-là je me suis dit que je ne voulais pas en faire un simple single. J’ai préféré construire un album autour de ce point de départ. En parallèle, j’ai aussi reçu un soutien financier de fondations, ce qui m’a permis de mettre de l’argent de côté et de l’investir dans le projet. Wet Dreams Only vient aussi de cette idée de rêve et ce qui nous dépasse. Je rêve beaucoup. Après, je ne vais pas forcément préciser de quels rêves il s’agit, je préfère que ça reste ouvert à l’interprétation.

Quel message veux-tu faire passer ?

La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien avec soi. L’idée était de construire un album pensé comme un tout, qui s’écoute d’une traite, sans rupture. Il y a une intro, une outro, pensé comme un chemin à suivre. Je voulais quelque chose qui ressemble à une œuvre, avec une dimension presque dramatique, portée par une narration musicale globale. Et puis que chacun puisse s’y attacher différemment, en choisissant un morceau et en se disant, celui-là, c’est mon préféré parmi les huit.

Quel est ta track coup de cœur ?

Sans doute l’intro. Elle reprend cette idée d’être obsédée par une personne qui n’existe pas dans la réalité, mais uniquement dans les rêves. Une présence qui n’apparaît que pendant le sommeil, et qui devient presque une évidence dans cet espace-là. À partir du rêve, il y a une forme de fixation qui s’installe. Le sommeil devient le seul moment où cette rencontre est possible. Cela crée une émotion très forte, un attachement à quelque chose qui vient du subconscient, de l’imaginaire. C’est une perception que je me suis construite dans le sommeil, une figure qui n’existe que là, mais qui prend malgré tout beaucoup de place.

Qu’as-tu prévu pour la suite ?

En parallèle, je vais enchaîner avec un EP. Parce qu’une fois l’album terminé, je m’étais déjà remise à produire d’autres sons. Du coup, un nouveau projet commence doucement à se dessiner, qui devrait arriver après la sortie de l’album. J’ai collaboré avec des artistes françaises qui ont remixé deux de mes morceaux.

“La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien entre soi, le spirituel.”

Musique – Elina

Comment décrirais-tu ton style de musique ?

Je dirais que je fais de la techno. Mais en réalité, ce que je crée, c’est avant tout une extension de moi. C’est difficile à expliquer, mais c’est une techno nourrie par plein d’artistes et de styles que j’écoute au quotidien. Je compose surtout pour que je puisse jouer mes morceaux et si d’autres peuvent les jouer, c’est encore mieux. Je dirais donc techno et hard techno, ce sont les directions principales que j’explore et que je mélange, avec beaucoup d’influences en arrière-plan. Ces derniers temps, j’ai été marquée par Vel et DJ KTK. Il y a aussi AADJA, que j’écoute beaucoup, notamment pour sa manière d’utiliser la voix. C’est inspirant, parce que je chante et qu’il y a ma voix dans toutes mes productions. C’est à la fois un outil et un instrument, quelque chose qui fait pleinement partie de mon identité. Je me nourris également d’univers plus indie pop ou rock. J’ai reçu récemment un vinyle de Massive Attack, dont j’aime beaucoup l’univers, notamment le travail sur la guitare. Billie Eilish m’a aussi beaucoup influencée surtout dans sa manière de construire une véritable identité artistique. Dans mon projet, je me nourris de beaucoup de choses comme des voyages et des expériences.

Quel est ton processus créatif ?

Je m’installe à mon bureau, je mets une petite jaquette violette, je prends mon café, et je peux rester des heures concentrée sans même penser à aller aux toilettes. Je suis vraiment dans un état de concentration, assez intense. Et puis d’un coup, je me dis que ce que j’ai produit est nul, et je recommence. En réalité, en ce moment, je n’ai pas trop créé. Ce travail me prend parfois trop la tête, donc je fonctionne par phases. Il y a aussi quelque chose de plus instinctif, lié à l’énergie du moment. Je me sens connecté avec ce qui m’entoure, que ce soit mes proches ou les choses banales du quotidien. Parfois je suis plus inspirée selon les périodes, presque comme si la lune jouait un rôle. Quand il y a la pleine lune, j’ai l’impression qu’il y a plus de flow, que je suis plus connectée à quelque chose. C’est un côté un peu spirituel chez moi.

D’où vient l’envie de créer ?

C’est une forme de « coping mechanisms », une manière de gérer certaines émotions ou de relâcher une tension. Plutôt que de l’exprimer verbalement, je le fais à travers la musique. J’ai toujours fonctionné comme ça. Même petite, quand j’avais quelque chose à exprimer, pas forcément négatif, mais fort, je passais par le chant. Je chantais dans ma chambre, un peu comme dans une comédie musicale.

Industrie – Elina

Que penses-tu de la représentation des femmes dans l’industrie ?

Les FLINTA sont clairement sous-représentées dans l’industrie musicale. On est environ 25% dans le milieu, et à peine 30% sur les line-ups. Et pourtant, en 2026, on voit encore des programmations entièrement masculines. À un moment, ce n’est plus une question de “ne pas connaître d’artistes FLINTA”, c’est un choix. Trop souvent, les FLINTA sont placées en opening, presque comme une obligation pour équilibrer visuellement un line-up, plutôt que pour leur travail artistique. Il y a aussi des questions de sécurité qui ne sont pas toujours prises en compte. Ça m’est déjà arrivé d’aller mixer seule à Berne ou à Bâle sans qu’on vienne me chercher à la gare, et de devoir rentrer seule la nuit. Ce sont toutes ces raisons qui m’ont poussée à développer ma propre association, Alectrona. C’est une communauté qui met en avant les valeurs de la fête tout en étant engagée. L’objectif est de rendre les FLINTA et la scène queer plus visibles. Après, je ne veux pas tout réduire au négatif, parce que j’ai conscience d’être dans une position privilégiée. J’ai la chance d’évoluer dans un pays développé, dans un environnement globalement sécurisé. Mais en Suisse, et plus largement dans la musique électronique, je trouve que l’industrie reste très contradictoire. On parle de culture et d’ouverture, mais dans les faits, les opportunités restent encore limitées pour certaines personnes.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

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11 avril 2026

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Elina

(CH)

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Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elina, j’ai vingt-quatre ans, et mon nom d’artiste est également Elina. Pendant longtemps, j’ai cherché un blaze, sans jamais parvenir à trouver quelque chose qui me corresponde réellement. Finalement, conserver mon prénom s’est imposé comme une évidence, puisqu’il reflète à la fois ma personnalité et ma manière de créer. Chez moi, il est d’ailleurs difficile de tracer une frontière entre les deux, comme si elles s’entremêlaient naturellement.

Est-ce que tu as grandi dans une famille d’artistes ?

Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils ont très vite repéré ma fibre artistique. Ils ont compris assez tôt que je ne passerais pas à côté de cette passion. Donc j’ai été plongée très jeune dans un univers créatif. J’ai commencé au sein de la troupe de Sonia Grimm, une chanteuse pour enfants qui se produisait beaucoup en Suisse romande, puis je me suis tournée vers le chant. Très tôt, la musique a pris de la place. Petite, le « Père Noël » m’avait offert un piano électrique, et c’est là que j’ai commencé à chercher mes premiers accords, à composer de petites choses, mais aussi à reproduire des morceaux à l’oreille. J’ai appris le piano en autodidacte avant de suivre des cours de solfège, jusqu’à obtenir mon diplôme. Par la suite, j’ai arrêté le piano, l’approche était devenue trop scolaire, le conservatoire me prenait la tête, même si j’aime toujours profondément cet instrument. En parallèle, j’avais commencé la production. Ma musique a évolué avec moi, passant d’un univers plutôt pop à des directions plus expérimentales, au gré de mes influences. Chez moi, la musique a toujours été omniprésente.

Quels sont les souvenirs musicaux de ta jeunesse ?

Je me souviens surtout d’un moment précis de mon enfance. Mon père avait des classeurs remplis de CD, qu’il appelait ses “archives”, avec beaucoup d’albums de trance et de techno. Un jour, je suis tombée dessus et j’ai trouvé cette collection vraiment stylée. À l’époque, on mettait les albums sur iTunes avant de les transférer sur les iPods, alors je récupérais ses CD pour les écouter dans la voiture quand on partait au ski. Je me rappelle surtout de Children de Robert Miles. J’adorais toute la partie au piano. En revanche, dès que le kick arrivait et que la musique devenait plus techno, je remettais le morceau au début. C’est vraiment cette sonorité au piano qui me touchait. Quand j’y repense aujourd’hui, la petite Elina écoutait déjà du très bon son.

Tu étais fan de qui ?

Quand j’étais petite, j’écoutais surtout beaucoup de pop. J’ai été bercée par Shy’m, qui était clairement mon artiste préférée, une vraie fan. J’écoutais aussi énormément la radio, surtout le matin, quand je me préparais pour aller à l’école, puis plus tard pour le cycle. Il y avait notamment Manu dans le 6/9, que j’adorais écouter. Du coup, j’ai été beaucoup exposée à la variété française, puisque la radio tournait souvent à la maison. Et puis il y avait aussi les compilations des NRJ Music Awards, que tout le monde connaît.

Est-ce que tu vis de la musique ?

Aujourd’hui, être DJ reste une passion, même si j’aimerais pouvoir en vivre. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la production. À terme, je me verrais davantage dans un studio, dans une forme de “retreat”, à produire, pas seulement pour moi mais aussi pour d’autres artistes. J’adore être DJ, mais c’est aussi très “énergivore”. Parfois, je me demande si c’est viable sur le long terme et je me pose déjà ces questions alors que je ne tourne que depuis quelques années. De nos jours, c’est encore énormément lié à l’événementiel, donc à un milieu assez instable, où il faut composer avec beaucoup de paramètres. J’ai la chance d’être accompagnée par ma manager, qui est aussi une très bonne amie, et qui m’aide énormément au quotidien. Se développer en tant qu’artiste en Suisse, ce n’est pas simple. Je n’ai pas encore eu l’occasion de mixer à l’étranger, et c’est clairement un objectif, une étape que j’aimerais franchir. Développer mon public, diversifier les lieux, et pouvoir revenir avec des concepts encore plus créatifs.

“Il y a aussi l’envie de pouvoir m’ouvrir à d’autres zones géographiques comme la France, l’Italie, et plus loin.”

Wet Dreams Only – Elina

Pourquoi sortir Wet Dreams Only maintenant ?

Premièrement, je dirais que sortir des singles est un peu surcoté. Ce que j’aime personnellement, c’est écouter un projet, un album, dans sa continuité. Je me souviens quand Billie Eilish a sorti son dernier album. J’étais en road trip au Canada avec mes parents, dans la voiture, et j’ai écouté le projet du début à la fin. C’est le genre d’album que tu lances et que tu écoutes sans rien toucher, dans son intégralité. Aujourd’hui, dans la techno, il y a très peu d’albums. Moi, j’aimerais pouvoir prendre une période de ma vie artistique et la transformer en projet, avec une direction visuelle et artistique forte. Créer quelque chose de complet, que tu présentes comme une œuvre. Ce qui m’intéresse surtout, c’est raconter une histoire. Même dans mes DJ sets, j’ai toujours fonctionné de cette manière. Je varie, parce que moi-même j’écoute des choses très différentes. Je m’ennuie si je reste dans un seul univers. L’idée, c’est de pouvoir créer une musique que je peux jouer dans mes sets, quelque chose de personnel mais adaptable. À ce moment de ma carrière, je me suis aussi rendu compte que je n’avais rien sorti depuis un moment. Ce n’était plus possible, j’avais une liste de productions qui s’accumulait. C’est un peu le cercle vicieux classique du producteur ou de la productrice. Produire sans jamais publier. Et moi, j’ai compris que si je voulais avancer, je devais sortir cet album pour pouvoir passer à autre chose.

Quelle a été ton impulsion ?

L’idée de faire un album est notamment venue après ma participation au M4Music Festival, qui organise le Demotape Clinic que j’ai remporté l’année dernière. J’avais reçu un prix pour mon morceau Wet Dreams Only, et à ce moment-là je me suis dit que je ne voulais pas en faire un simple single. J’ai préféré construire un album autour de ce point de départ. En parallèle, j’ai aussi reçu un soutien financier de fondations, ce qui m’a permis de mettre de l’argent de côté et de l’investir dans le projet. Wet Dreams Only vient aussi de cette idée de rêve et ce qui nous dépasse. Je rêve beaucoup. Après, je ne vais pas forcément préciser de quels rêves il s’agit, je préfère que ça reste ouvert à l’interprétation.

Quel message veux-tu faire passer ?

La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien avec soi. L’idée était de construire un album pensé comme un tout, qui s’écoute d’une traite, sans rupture. Il y a une intro, une outro, pensé comme un chemin à suivre. Je voulais quelque chose qui ressemble à une œuvre, avec une dimension presque dramatique, portée par une narration musicale globale. Et puis que chacun puisse s’y attacher différemment, en choisissant un morceau et en se disant, celui-là, c’est mon préféré parmi les huit.

Quel est ta track coup de cœur ?

Sans doute l’intro. Elle reprend cette idée d’être obsédée par une personne qui n’existe pas dans la réalité, mais uniquement dans les rêves. Une présence qui n’apparaît que pendant le sommeil, et qui devient presque une évidence dans cet espace-là. À partir du rêve, il y a une forme de fixation qui s’installe. Le sommeil devient le seul moment où cette rencontre est possible. Cela crée une émotion très forte, un attachement à quelque chose qui vient du subconscient, de l’imaginaire. C’est une perception que je me suis construite dans le sommeil, une figure qui n’existe que là, mais qui prend malgré tout beaucoup de place.

Qu’as-tu prévu pour la suite ?

En parallèle, je vais enchaîner avec un EP. Parce qu’une fois l’album terminé, je m’étais déjà remise à produire d’autres sons. Du coup, un nouveau projet commence doucement à se dessiner, qui devrait arriver après la sortie de l’album. J’ai collaboré avec des artistes françaises qui ont remixé deux de mes morceaux.

“La dimension de l’eau et de la nature traverse fortement mon projet, tout comme une connexion au féminin sacré, à la lune, aux cycles, et plus largement à ce lien entre soi, le spirituel.”

Musique – Elina

Comment décrirais-tu ton style de musique ?

Je dirais que je fais de la techno. Mais en réalité, ce que je crée, c’est avant tout une extension de moi. C’est difficile à expliquer, mais c’est une techno nourrie par plein d’artistes et de styles que j’écoute au quotidien. Je compose surtout pour que je puisse jouer mes morceaux et si d’autres peuvent les jouer, c’est encore mieux. Je dirais donc techno et hard techno, ce sont les directions principales que j’explore et que je mélange, avec beaucoup d’influences en arrière-plan. Ces derniers temps, j’ai été marquée par Vel et DJ KTK. Il y a aussi AADJA, que j’écoute beaucoup, notamment pour sa manière d’utiliser la voix. C’est inspirant, parce que je chante et qu’il y a ma voix dans toutes mes productions. C’est à la fois un outil et un instrument, quelque chose qui fait pleinement partie de mon identité. Je me nourris également d’univers plus indie pop ou rock. J’ai reçu récemment un vinyle de Massive Attack, dont j’aime beaucoup l’univers, notamment le travail sur la guitare. Billie Eilish m’a aussi beaucoup influencée surtout dans sa manière de construire une véritable identité artistique. Dans mon projet, je me nourris de beaucoup de choses comme des voyages et des expériences.

Quel est ton processus créatif ?

Je m’installe à mon bureau, je mets une petite jaquette violette, je prends mon café, et je peux rester des heures concentrée sans même penser à aller aux toilettes. Je suis vraiment dans un état de concentration, assez intense. Et puis d’un coup, je me dis que ce que j’ai produit est nul, et je recommence. En réalité, en ce moment, je n’ai pas trop créé. Ce travail me prend parfois trop la tête, donc je fonctionne par phases. Il y a aussi quelque chose de plus instinctif, lié à l’énergie du moment. Je me sens connecté avec ce qui m’entoure, que ce soit mes proches ou les choses banales du quotidien. Parfois je suis plus inspirée selon les périodes, presque comme si la lune jouait un rôle. Quand il y a la pleine lune, j’ai l’impression qu’il y a plus de flow, que je suis plus connectée à quelque chose. C’est un côté un peu spirituel chez moi.

D’où vient l’envie de créer ?

C’est une forme de « coping mechanisms », une manière de gérer certaines émotions ou de relâcher une tension. Plutôt que de l’exprimer verbalement, je le fais à travers la musique. J’ai toujours fonctionné comme ça. Même petite, quand j’avais quelque chose à exprimer, pas forcément négatif, mais fort, je passais par le chant. Je chantais dans ma chambre, un peu comme dans une comédie musicale.

Industrie – Elina

Que penses-tu de la représentation des femmes dans l’industrie ?

Les FLINTA sont clairement sous-représentées dans l’industrie musicale. On est environ 25% dans le milieu, et à peine 30% sur les line-ups. Et pourtant, en 2026, on voit encore des programmations entièrement masculines. À un moment, ce n’est plus une question de “ne pas connaître d’artistes FLINTA”, c’est un choix. Trop souvent, les FLINTA sont placées en opening, presque comme une obligation pour équilibrer visuellement un line-up, plutôt que pour leur travail artistique. Il y a aussi des questions de sécurité qui ne sont pas toujours prises en compte. Ça m’est déjà arrivé d’aller mixer seule à Berne ou à Bâle sans qu’on vienne me chercher à la gare, et de devoir rentrer seule la nuit. Ce sont toutes ces raisons qui m’ont poussée à développer ma propre association, Alectrona. C’est une communauté qui met en avant les valeurs de la fête tout en étant engagée. L’objectif est de rendre les FLINTA et la scène queer plus visibles. Après, je ne veux pas tout réduire au négatif, parce que j’ai conscience d’être dans une position privilégiée. J’ai la chance d’évoluer dans un pays développé, dans un environnement globalement sécurisé. Mais en Suisse, et plus largement dans la musique électronique, je trouve que l’industrie reste très contradictoire. On parle de culture et d’ouverture, mais dans les faits, les opportunités restent encore limitées pour certaines personnes.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

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