House Music

17 janvier 2026

par Samreeez

Nahomi

(CH/FR)

Intro

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elisa, mais mon nom de scène est Nahomi. Je suis française et je suis née dans le sud de la France, à Antibes, près de Nice. J’ai beaucoup déménagé étant jeune. Je suis passée par Lyon, Toulouse et d’autre villes avant de suivre ma mère en Suisse à l’âge de dix ans. Je suis encore aux études, de design graphique, en parallèle de la musique, à Lausanne.

Est-ce que tu as grandi dans une famille de musiciens ?

Ma mère et mon père sont tous les deux DJ. Ils se sont connus très jeunes, avant de m’avoir, et ma mère exerce encore aujourd’hui, après plus de 30 ans de carrière. Avec mon père, en revanche, je n’ai plus du tout de contact. Ma mère m’a éduquée dans un environnement musical riche et varié. J’ai grandi avec la musique électronique, mais aussi avec d’autres sonorités comme le hip hop ou la soul. Cette diversité a toujours fait partie de mon quotidien, elle m’a construite. Je suis un peu, en quelque sorte «made in électronique» .

Est-ce que tu as un souvenir qui t’a marqué quand tu étais jeune ?

Mes premiers souvenirs d’enfance, ce sont surtout les Kallax de chez IKEA, entièrement remplis de vinyles à la maison. Ça m'a toujours intriguée, ces murs de disques qui faisaient partie du décor et de mon quotidien. J'étais encore trop jeune pour que ma mère m'emmène en club, évidemment, mais la musique, elle, était déjà partout. Mon premier vrai souvenir marquant, j'en parle souvent. J'avais dix ans, juste avant d'arriver en Suisse. Ma mère travaillait pour un festival qui s'appelait Nuit Sonores, et on est allées voir Laurent Garnier jouer à la piscine, en plein centre-ville de Lyon, vers les quais, le cadre était assez particulier. J’ai également vu ma mère travailler pour ce festival dans un parc pour un concept qui s'appelait « Les Siestes Électroniques ». C'étaient des événements en journée, donc on n'était pas dans le clubbing pur et dur, mais dans quelque chose de plus ouvert, plus accessible à tous.

Est-ce que tu as eu un déclic ?

J’ai lancé un site dédié à la musique électronique quand j’avais 18 ans, «5 Minutes Chrono». L’idée était simple, 5 minutes, c’était à peu près le temps que les visiteurs pouvaient passer sur le site à lire les chroniques que j’écrivais sur certain morceau. Ça a duré environ deux ans, puis j’ai travaillé pour une plateforme anglaise pendant le COVID, ou nous avons réalisé une Masterclass avec DJ Deep. J’ai travaillé sur tout le fil rouge de son parcours, son histoire, ses racines, sa manière de jouer et de produire, pendant ce projet. C’était une vraie immersion. Les choses ont changé plus tard, vers 22 ans, à un moment où j’avais la tête plus sur les épaules et un peu plus confiance en moi. Après avoir collecté pas mal de disques, je me suis dit que j’avais envie de raconter quelque chose à mon tour. C’est arrivé tard, mais je suis très contente que ce soit arrivé à ce moment là. J’avais la maturité nécessaire pour me dire, allez, on tente un truc.

Comment as‑tu appris à utiliser des platines ?

Ce n’est pas ma mère qui m’a aidée au départ, parce qu’elle ne voulait pas que je mixe. Elle connaissait le milieu, les enjeux, et elle savait à quel point il fallait un mental solide. Elle m’a toujours éduquée avec cette idée que si tu veux faire quelque chose, tu te débrouilles. Avec le temps, elle a quand même été un soutien. Elle m’a offert mes premières platines et c’est comme ça que j’ai pu apprendre, même si honnêtement, j’ai surtout pratiqué seule. Au début, on est complètement perdu, puis il y a ce moment où quelque chose se débloque, où tout commence à se mettre en place. Je voulais faire mes armes moi-même. Je ne voulais pas être redevable de qui que ce soit. Je voulais tout construire à ma façon. Ma mère était très dure avec moi, et je l’étais aussi avec moi-même. Il y avait toujours cette idée du népotisme lié à ma mère, et ça rendait les choses encore plus challengeantes.

À cette étape, peux‑tu vivre de la musique ?

C’est un métier très instable. Il y a des mois où je peux très bien gagner ma vie, et d’autres plus compliqué. Globalement, je dirais donc que c’est très difficile d’en vivre. À notre stade, on est obligé d’avoir une activité à côté pour garder une certaine stabilité financière. La scène a changé, les clubs changent, c’est devenu très compliqué. Les cachets diminuent, pour les djs intermédiaires de notre tranche tandis que ceux des gros artistes ne font qu’augmenter, mettant les clubs parfois dans des situations financières difficiles pour continuer à exister. Il y a beaucoup plus de monde et des problèmes de subventions. Le monde de la nuit souffre aujourd’hui, et atteindre ce genre d’objectif reste très difficile. Il y a très peu d’élus pour beaucoup de DJs.

“La question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique.”

Musique

Quel genre de musique joues‑tu ?

J’ai vraiment commencé du côté de la house, mais ça a beaucoup évolué avec le temps. Mes sonorités sont variées, et je trouve que c’est compliqué de définir les styles. Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter. Je préfère que les gens arrivent avec leur curiosité et sachent que mon set sera riche en nuances mais avec une certaine logique et constance. On peut dire que ça va de la house à l’électro, avec des touches plus progressives, jusqu’à la techno. Tout dépend des dates, des clubs et des artistes avec qui je joue, mais mes influences restent très présentes et variées, tout en gardant une constance et une logique dans ce que je crée.

Comment tu dig de nouvelles tracks ?

Ma façon de digger se fait en plusieurs étapes et je suis plutôt team YouTube. Par exemple, je mets un morceau que j’adore, je regarde quelle chaîne l’a publié, puis je parcours toutes leurs playlists et tous leurs morceaux. Certaines chaînes en comptent cent, cinq cents, parfois huit milles. Je me challenge et fais des sessions entières. Parfois, j’ai quinze pages de chaînes ouvertes que je garde pour explorer plus tard, parce qu’il y a toujours un potentiel pour tomber sur des morceaux qui m’intéressent. Je fais des pauses, puis je reprends pour parcourir toute la chaîne petit à petit. C’est vraiment mon processus. Récemment, je passe aussi beaucoup par Discogs. Je fais des recherches par label, surtout quand j’adore un morceau, pour explorer tout ce que la structure a sorti et découvrir d’autres artistes. C’est un vrai trou noir. Une chose en amène toujours une autre, et je me perds complètement dans la découverte. Sans oublier les disquaires, qui sont une source toujours aussi importantes pour alimenter notre culture, et faire vivre la musique.

Quelle a été ta meilleure date ?

Ce qui m’a toujours marquée, ce sont les dates à Berlin. La scène y est hyper diversifiée, chacun peut trouver son style. Là-bas, on sent que les gens ont un véritable amour pour la musique, c’est dans leur culture, dans leurs origines. J’ai eu une date au Sisyphos qui a été magique, de quatre heures à sept heures du matin. C’est l’une de mes meilleures expériences émotionnellement, où il s’est vraiment passé quelque chose. Une autre date importante, c’est mon début à Heideglühen, un club où je rêvais de jouer. J’y avais vu ma mère jouer pour la première fois, et pouvoir faire ma première date là-bas a été un moment magique. Cercle a également été une super expérience, qui a permis de me mettre en lumière localement, je n’aurais jamais imaginé vivre une expérience comme celle-ci à ce stade de ma carrière, j’en suis toujours très reconnaissante.

Comment tu construis un set ?

La première étape, c’est forcément de digger un peu. Après, tout dépend des soirées. Parfois, j’ai déjà ce qu’il faut sur ma clé USB, et j’aime aussi jouer avec une sélection qui fait déjà partie de moi depuis un moment. Dans ce cas, je ne fais pas de session supplémentaire. Autrement, je regarde quels artistes vont m’entourer, l’ambiance du club, et j’essaie de capter à peu près ce que je vais jouer. Je prépare souvent une playlist en lien avec l’event, et j’y mets un peu en bazar ce que j’aimerai éventuellement jouer. Mais en réalité, je joue surtout ce que j’aime au moment venu. Ce n’est jamais pré-préparé. Parfois, je reviens sur d’anciennes playlists pour piocher un ou deux tracks que j’ai envie de rejouer sur l’instant.

“Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter.”

À côté

Quel est ton objectif dans la musique ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir d’objectifs précis, sinon c’est une quête sans fin et des déceptions, il faut essayer de prendre les choses comme elles viennent. Bien sûr, c’est important de se lancer des challenges, mais le mot « objectif » n’est pas forcément le plus juste. Pour moi, la vraie question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique. C’est aussi pour transmettre une culture dans laquelle j’ai été éduquée et, surtout, pour raconter quelque chose. Si on peut appeler ça un objectif, alors oui, c’est le mien, et ça me plaît vraiment.

Quel est ton rôle pour Transition Radio ?

Je suis résidente depuis deux ans et je vais entamer ma troisième année. J’en suis très fière, parce que c’est une radio qui porte des valeurs qui me sont ultra importantes, inclusives, engagées, politiques. Ils défendent aussi la diversité dans leurs propositions musicales. J’ai quatre shows par an pour mon concept «Child of the Beat». C’est un projet que j’ai créé pour ce radio show, qui valorise les artistes locaux et met en lumière la scène suisse à mon échelle. J’essaie de pousser certains talents et de proposer une diversité dans la musique électronique.

À quelle étape es‑tu en production musicale ?

C’est vraiment le tout début pour moi. Je ne me suis jamais pressée de produire en tant que DJ. Mais dans le milieu, il y a beaucoup de pression. Si tu n’es pas à la fois DJ et producteur, on peut moins te valoriser. On te dit qu’il faut absolument cette étiquette, mais moi je trouve ça complètement idiot. Il faut faire son chemin et prendre le temps. Bien sûr, si tu as quelque chose à raconter en production, il faut s’y mettre à un moment sinon ça n’arrivera jamais. Beaucoup de jeunes de notre génération font l’erreur de produire juste pour produire sans avoir forcément quelque chose à raconter derrière.  Moi, je suis vraiment au début, en phase d’exploration.

Industrie

Que penses-tu de cette nouvelle vague de DJ ?

Je pense que tout le monde a sa place, chacun à sa façon. Aujourd’hui, les réseaux prennent une place énorme sur la scène. Ce n’est pas les valeurs avec lesquelles j’ai grandi. S’afficher, être influenceur en parallèle de DJ, ce n’est pas moi. De mon côté, jai envie de faire de la musique, pas forcément de promouvoir mon image. Bien sûr, il faut trouver un équilibre, nous sommes obligés aujourd’hui de faire au minimum ce travail-là, sinon c’est compliqué d’exister sur cette scène. Cela dit, je respecte le travail de ceux qui le font. C’est un vrai travail et une approche à part entière mais qu’il faut différencier de notre corp de métier/passion de ce que c’est vraiment d’être un Dj.

D’après ton expertise, est‑ce que les DJ sont bien ou mal représentés ?

Les DJ, en général, je trouve qu’ils sont plutôt bien représentés. Ça fait une petite dizaine d’années que le métier est devenu à la mode, un peu comme YouTubeur à une époque, quelque chose que beaucoup de jeunes voulaient faire. Aujourd’hui, il y a de la place mais c’est devenu une très grande industrie et ça a tué certains aspects qui sont important à mes yeux. De mon point de vue, dans l’ensemble, je ne pense pas que nous soyons sous-représentés sur le plan artistique, mais il y a toujours des minorités qui sont en lutte pour avoir un peu de lumière, et en tant que femme c’est toujours un combat, car cela reste un milieu majoritairement masculin.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

pacapmagazine@gmail.com

Pacap Studio

Accueil

Itw’s

Culture

Set

Panier

About

Instagram

Tiktok

Youtube

LinkedIn

Mise en Relation

Talents

All rights reserved, ©Pacap

Mentions légales

Website by samreeez

Accueil

Itw’s

Culture

Gigs

Panier

About

House Music

17 janvier 2026

par Samreeez

Nahomi

(CH/FR)

Introduction – Nahomi

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elisa, mais mon nom de scène est Nahomi. Je suis française et je suis née dans le sud de la France, à Antibes, près de Nice. J’ai beaucoup déménagé étant jeune. Je suis passée par Lyon, Toulouse et d’autre villes avant de suivre ma mère en Suisse à l’âge de dix ans. Je suis encore aux études, de design graphique, en parallèle de la musique, à Lausanne.

Est-ce que tu as grandi dans une famille de musiciens ?

Ma mère et mon père sont tous les deux DJ. Ils se sont connus très jeunes, avant de m’avoir, et ma mère exerce encore aujourd’hui, après plus de 30 ans de carrière. Avec mon père, en revanche, je n’ai plus du tout de contact. Ma mère m’a éduquée dans un environnement musical riche et varié. J’ai grandi avec la musique électronique, mais aussi avec d’autres sonorités comme le hip hop ou la soul. Cette diversité a toujours fait partie de mon quotidien, elle m’a construite. Je suis un peu, en quelque sorte «made in électronique» .

Est-ce que tu as un souvenir qui t’a marqué quand tu étais jeune ?

Mes premiers souvenirs d’enfance, ce sont surtout les Kallax de chez IKEA, entièrement remplis de vinyles à la maison. Ça m'a toujours intriguée, ces murs de disques qui faisaient partie du décor et de mon quotidien. J'étais encore trop jeune pour que ma mère m'emmène en club, évidemment, mais la musique, elle, était déjà partout. Mon premier vrai souvenir marquant, j'en parle souvent. J'avais dix ans, juste avant d'arriver en Suisse. Ma mère travaillait pour un festival qui s'appelait Nuit Sonores, et on est allées voir Laurent Garnier jouer à la piscine, en plein centre-ville de Lyon, vers les quais, le cadre était assez particulier. J’ai également vu ma mère travailler pour ce festival dans un parc pour un concept qui s'appelait « Les Siestes Électroniques ». C'étaient des événements en journée, donc on n'était pas dans le clubbing pur et dur, mais dans quelque chose de plus ouvert, plus accessible à tous.

Est-ce que tu as eu un déclic ?

J’ai lancé un site dédié à la musique électronique quand j’avais 18 ans, «5 Minutes Chrono». L’idée était simple, 5 minutes, c’était à peu près le temps que les visiteurs pouvaient passer sur le site à lire les chroniques que j’écrivais sur certain morceau. Ça a duré environ deux ans, puis j’ai travaillé pour une plateforme anglaise pendant le COVID, ou nous avons réalisé une Masterclass avec DJ Deep. J’ai travaillé sur tout le fil rouge de son parcours, son histoire, ses racines, sa manière de jouer et de produire, pendant ce projet. C’était une vraie immersion. Les choses ont changé plus tard, vers 22 ans, à un moment où j’avais la tête plus sur les épaules et un peu plus confiance en moi. Après avoir collecté pas mal de disques, je me suis dit que j’avais envie de raconter quelque chose à mon tour. C’est arrivé tard, mais je suis très contente que ce soit arrivé à ce moment là. J’avais la maturité nécessaire pour me dire, allez, on tente un truc.

Comment as‑tu appris à utiliser des platines ?

Ce n’est pas ma mère qui m’a aidée au départ, parce qu’elle ne voulait pas que je mixe. Elle connaissait le milieu, les enjeux, et elle savait à quel point il fallait un mental solide. Elle m’a toujours éduquée avec cette idée que si tu veux faire quelque chose, tu te débrouilles. Avec le temps, elle a quand même été un soutien. Elle m’a offert mes premières platines et c’est comme ça que j’ai pu apprendre, même si honnêtement, j’ai surtout pratiqué seule. Au début, on est complètement perdu, puis il y a ce moment où quelque chose se débloque, où tout commence à se mettre en place. Je voulais faire mes armes moi-même. Je ne voulais pas être redevable de qui que ce soit. Je voulais tout construire à ma façon. Ma mère était très dure avec moi, et je l’étais aussi avec moi-même. Il y avait toujours cette idée du népotisme lié à ma mère, et ça rendait les choses encore plus challengeantes.

À cette étape, peux‑tu vivre de la musique ?

C’est un métier très instable. Il y a des mois où je peux très bien gagner ma vie, et d’autres plus compliqué. Globalement, je dirais donc que c’est très difficile d’en vivre. À notre stade, on est obligé d’avoir une activité à côté pour garder une certaine stabilité financière. La scène a changé, les clubs changent, c’est devenu très compliqué. Les cachets diminuent, pour les djs intermédiaires de notre tranche tandis que ceux des gros artistes ne font qu’augmenter, mettant les clubs parfois dans des situations financières difficiles pour continuer à exister. Il y a beaucoup plus de monde et des problèmes de subventions. Le monde de la nuit souffre aujourd’hui, et atteindre ce genre d’objectif reste très difficile. Il y a très peu d’élus pour beaucoup de DJs.

“La question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique.”

Musique – Nahomi

Quel genre de musique joues‑tu ?

J’ai vraiment commencé du côté de la house, mais ça a beaucoup évolué avec le temps. Mes sonorités sont variées, et je trouve que c’est compliqué de définir les styles. Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter. Je préfère que les gens arrivent avec leur curiosité et sachent que mon set sera riche en nuances mais avec une certaine logique et constance. On peut dire que ça va de la house à l’électro, avec des touches plus progressives, jusqu’à la techno. Tout dépend des dates, des clubs et des artistes avec qui je joue, mais mes influences restent très présentes et variées, tout en gardant une constance et une logique dans ce que je crée.

Comment tu dig de nouvelles tracks ?

Ma façon de digger se fait en plusieurs étapes et je suis plutôt team YouTube. Par exemple, je mets un morceau que j’adore, je regarde quelle chaîne l’a publié, puis je parcours toutes leurs playlists et tous leurs morceaux. Certaines chaînes en comptent cent, cinq cents, parfois huit milles. Je me challenge et fais des sessions entières. Parfois, j’ai quinze pages de chaînes ouvertes que je garde pour explorer plus tard, parce qu’il y a toujours un potentiel pour tomber sur des morceaux qui m’intéressent. Je fais des pauses, puis je reprends pour parcourir toute la chaîne petit à petit. C’est vraiment mon processus. Récemment, je passe aussi beaucoup par Discogs. Je fais des recherches par label, surtout quand j’adore un morceau, pour explorer tout ce que la structure a sorti et découvrir d’autres artistes. C’est un vrai trou noir. Une chose en amène toujours une autre, et je me perds complètement dans la découverte. Sans oublier les disquaires, qui sont une source toujours aussi importantes pour alimenter notre culture, et faire vivre la musique.

Quelle a été ta meilleure date ?

Ce qui m’a toujours marquée, ce sont les dates à Berlin. La scène y est hyper diversifiée, chacun peut trouver son style. Là-bas, on sent que les gens ont un véritable amour pour la musique, c’est dans leur culture, dans leurs origines. J’ai eu une date au Sisyphos qui a été magique, de quatre heures à sept heures du matin. C’est l’une de mes meilleures expériences émotionnellement, où il s’est vraiment passé quelque chose. Une autre date importante, c’est mon début à Heideglühen, un club où je rêvais de jouer. J’y avais vu ma mère jouer pour la première fois, et pouvoir faire ma première date là-bas a été un moment magique. Cercle a également été une super expérience, qui a permis de me mettre en lumière localement, je n’aurais jamais imaginé vivre une expérience comme celle-ci à ce stade de ma carrière, j’en suis toujours très reconnaissante.

Comment tu construis un set ?

La première étape, c’est forcément de digger un peu. Après, tout dépend des soirées. Parfois, j’ai déjà ce qu’il faut sur ma clé USB, et j’aime aussi jouer avec une sélection qui fait déjà partie de moi depuis un moment. Dans ce cas, je ne fais pas de session supplémentaire. Autrement, je regarde quels artistes vont m’entourer, l’ambiance du club, et j’essaie de capter à peu près ce que je vais jouer. Je prépare souvent une playlist en lien avec l’event, et j’y mets un peu en bazar ce que j’aimerai éventuellement jouer. Mais en réalité, je joue surtout ce que j’aime au moment venu. Ce n’est jamais pré-préparé. Parfois, je reviens sur d’anciennes playlists pour piocher un ou deux tracks que j’ai envie de rejouer sur l’instant.

“Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter.”

À côté – Nahomi

Quel est ton objectif dans la musique ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir d’objectifs précis, sinon c’est une quête sans fin et des déceptions, il faut essayer de prendre les choses comme elles viennent. Bien sûr, c’est important de se lancer des challenges, mais le mot « objectif » n’est pas forcément le plus juste. Pour moi, la vraie question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique. C’est aussi pour transmettre une culture dans laquelle j’ai été éduquée et, surtout, pour raconter quelque chose. Si on peut appeler ça un objectif, alors oui, c’est le mien, et ça me plaît vraiment.

Quel est ton rôle pour Transition Radio ?

Je suis résidente depuis deux ans et je vais entamer ma troisième année. J’en suis très fière, parce que c’est une radio qui porte des valeurs qui me sont ultra importantes, inclusives, engagées, politiques. Ils défendent aussi la diversité dans leurs propositions musicales. J’ai quatre shows par an pour mon concept «Child of the Beat». C’est un projet que j’ai créé pour ce radio show, qui valorise les artistes locaux et met en lumière la scène suisse à mon échelle. J’essaie de pousser certains talents et de proposer une diversité dans la musique électronique.

À quelle étape es‑tu en production musicale ?

C’est vraiment le tout début pour moi. Je ne me suis jamais pressée de produire en tant que DJ. Mais dans le milieu, il y a beaucoup de pression. Si tu n’es pas à la fois DJ et producteur, on peut moins te valoriser. On te dit qu’il faut absolument cette étiquette, mais moi je trouve ça complètement idiot. Il faut faire son chemin et prendre le temps. Bien sûr, si tu as quelque chose à raconter en production, il faut s’y mettre à un moment sinon ça n’arrivera jamais. Beaucoup de jeunes de notre génération font l’erreur de produire juste pour produire sans avoir forcément quelque chose à raconter derrière.  Moi, je suis vraiment au début, en phase d’exploration.

Industrie – Nahomi

Que penses-tu de cette nouvelle vague de DJ ?

Je pense que tout le monde a sa place, chacun à sa façon. Aujourd’hui, les réseaux prennent une place énorme sur la scène. Ce n’est pas les valeurs avec lesquelles j’ai grandi. S’afficher, être influenceur en parallèle de DJ, ce n’est pas moi. De mon côté, jai envie de faire de la musique, pas forcément de promouvoir mon image. Bien sûr, il faut trouver un équilibre, nous sommes obligés aujourd’hui de faire au minimum ce travail-là, sinon c’est compliqué d’exister sur cette scène. Cela dit, je respecte le travail de ceux qui le font. C’est un vrai travail et une approche à part entière mais qu’il faut différencier de notre corp de métier/passion de ce que c’est vraiment d’être un Dj.

D’après ton expertise, est‑ce que les DJ sont bien ou mal représentés ?

Les DJ, en général, je trouve qu’ils sont plutôt bien représentés. Ça fait une petite dizaine d’années que le métier est devenu à la mode, un peu comme YouTubeur à une époque, quelque chose que beaucoup de jeunes voulaient faire. Aujourd’hui, il y a de la place mais c’est devenu une très grande industrie et ça a tué certains aspects qui sont important à mes yeux. De mon point de vue, dans l’ensemble, je ne pense pas que nous soyons sous-représentés sur le plan artistique, mais il y a toujours des minorités qui sont en lutte pour avoir un peu de lumière, et en tant que femme c’est toujours un combat, car cela reste un milieu majoritairement masculin.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

pacapmagazine@gmail.com

Pacap Studio

Accueil

Itw’s

Cluture

Set

Panier

About

Instagram

Tiktok

Youtube

LinkedIn

Mise en Relation

Talents

All rights reserved, ©Pacap

Mentions légales

Website by samreeez

Accueil

Itw’s

Culture

Gigs

Panier

About

House Music

17 janvier 2026

par Samreeez

Nahomi

(CH/FR)

Introduction – Nahomi

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Elisa, mais mon nom de scène est Nahomi. Je suis française et je suis née dans le sud de la France, à Antibes, près de Nice. J’ai beaucoup déménagé étant jeune. Je suis passée par Lyon, Toulouse et d’autre villes avant de suivre ma mère en Suisse à l’âge de dix ans. Je suis encore aux études, de design graphique, en parallèle de la musique, à Lausanne.

Est-ce que tu as grandi dans une famille de musiciens ?

Ma mère et mon père sont tous les deux DJ. Ils se sont connus très jeunes, avant de m’avoir, et ma mère exerce encore aujourd’hui, après plus de 30 ans de carrière. Avec mon père, en revanche, je n’ai plus du tout de contact. Ma mère m’a éduquée dans un environnement musical riche et varié. J’ai grandi avec la musique électronique, mais aussi avec d’autres sonorités comme le hip hop ou la soul. Cette diversité a toujours fait partie de mon quotidien, elle m’a construite. Je suis un peu, en quelque sorte «made in électronique» .

Est-ce que tu as un souvenir qui t’a marqué quand tu étais jeune ?

Mes premiers souvenirs d’enfance, ce sont surtout les Kallax de chez IKEA, entièrement remplis de vinyles à la maison. Ça m'a toujours intriguée, ces murs de disques qui faisaient partie du décor et de mon quotidien. J'étais encore trop jeune pour que ma mère m'emmène en club, évidemment, mais la musique, elle, était déjà partout. Mon premier vrai souvenir marquant, j'en parle souvent. J'avais dix ans, juste avant d'arriver en Suisse. Ma mère travaillait pour un festival qui s'appelait Nuit Sonores, et on est allées voir Laurent Garnier jouer à la piscine, en plein centre-ville de Lyon, vers les quais, le cadre était assez particulier. J’ai également vu ma mère travailler pour ce festival dans un parc pour un concept qui s'appelait « Les Siestes Électroniques ». C'étaient des événements en journée, donc on n'était pas dans le clubbing pur et dur, mais dans quelque chose de plus ouvert, plus accessible à tous.

Est-ce que tu as eu un déclic ?

J’ai lancé un site dédié à la musique électronique quand j’avais 18 ans, «5 Minutes Chrono». L’idée était simple, 5 minutes, c’était à peu près le temps que les visiteurs pouvaient passer sur le site à lire les chroniques que j’écrivais sur certain morceau. Ça a duré environ deux ans, puis j’ai travaillé pour une plateforme anglaise pendant le COVID, ou nous avons réalisé une Masterclass avec DJ Deep. J’ai travaillé sur tout le fil rouge de son parcours, son histoire, ses racines, sa manière de jouer et de produire, pendant ce projet. C’était une vraie immersion. Les choses ont changé plus tard, vers 22 ans, à un moment où j’avais la tête plus sur les épaules et un peu plus confiance en moi. Après avoir collecté pas mal de disques, je me suis dit que j’avais envie de raconter quelque chose à mon tour. C’est arrivé tard, mais je suis très contente que ce soit arrivé à ce moment là. J’avais la maturité nécessaire pour me dire, allez, on tente un truc.

Comment as‑tu appris à utiliser des platines ?

Ce n’est pas ma mère qui m’a aidée au départ, parce qu’elle ne voulait pas que je mixe. Elle connaissait le milieu, les enjeux, et elle savait à quel point il fallait un mental solide. Elle m’a toujours éduquée avec cette idée que si tu veux faire quelque chose, tu te débrouilles. Avec le temps, elle a quand même été un soutien. Elle m’a offert mes premières platines et c’est comme ça que j’ai pu apprendre, même si honnêtement, j’ai surtout pratiqué seule. Au début, on est complètement perdu, puis il y a ce moment où quelque chose se débloque, où tout commence à se mettre en place. Je voulais faire mes armes moi-même. Je ne voulais pas être redevable de qui que ce soit. Je voulais tout construire à ma façon. Ma mère était très dure avec moi, et je l’étais aussi avec moi-même. Il y avait toujours cette idée du népotisme lié à ma mère, et ça rendait les choses encore plus challengeantes.

À cette étape, peux‑tu vivre de la musique ?

C’est un métier très instable. Il y a des mois où je peux très bien gagner ma vie, et d’autres plus compliqué. Globalement, je dirais donc que c’est très difficile d’en vivre. À notre stade, on est obligé d’avoir une activité à côté pour garder une certaine stabilité financière. La scène a changé, les clubs changent, c’est devenu très compliqué. Les cachets diminuent, pour les djs intermédiaires de notre tranche tandis que ceux des gros artistes ne font qu’augmenter, mettant les clubs parfois dans des situations financières difficiles pour continuer à exister. Il y a beaucoup plus de monde et des problèmes de subventions. Le monde de la nuit souffre aujourd’hui, et atteindre ce genre d’objectif reste très difficile. Il y a très peu d’élus pour beaucoup de DJs.

“La question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique.”

Musique – Nahomi

Quel genre de musique joues‑tu ?

J’ai vraiment commencé du côté de la house, mais ça a beaucoup évolué avec le temps. Mes sonorités sont variées, et je trouve que c’est compliqué de définir les styles. Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter. Je préfère que les gens arrivent avec leur curiosité et sachent que mon set sera riche en nuances mais avec une certaine logique et constance. On peut dire que ça va de la house à l’électro, avec des touches plus progressives, jusqu’à la techno. Tout dépend des dates, des clubs et des artistes avec qui je joue, mais mes influences restent très présentes et variées, tout en gardant une constance et une logique dans ce que je crée.

Comment tu dig de nouvelles tracks ?

Ma façon de digger se fait en plusieurs étapes et je suis plutôt team YouTube. Par exemple, je mets un morceau que j’adore, je regarde quelle chaîne l’a publié, puis je parcours toutes leurs playlists et tous leurs morceaux. Certaines chaînes en comptent cent, cinq cents, parfois huit milles. Je me challenge et fais des sessions entières. Parfois, j’ai quinze pages de chaînes ouvertes que je garde pour explorer plus tard, parce qu’il y a toujours un potentiel pour tomber sur des morceaux qui m’intéressent. Je fais des pauses, puis je reprends pour parcourir toute la chaîne petit à petit. C’est vraiment mon processus. Récemment, je passe aussi beaucoup par Discogs. Je fais des recherches par label, surtout quand j’adore un morceau, pour explorer tout ce que la structure a sorti et découvrir d’autres artistes. C’est un vrai trou noir. Une chose en amène toujours une autre, et je me perds complètement dans la découverte. Sans oublier les disquaires, qui sont une source toujours aussi importantes pour alimenter notre culture, et faire vivre la musique.

Quelle a été ta meilleure date ?

Ce qui m’a toujours marquée, ce sont les dates à Berlin. La scène y est hyper diversifiée, chacun peut trouver son style. Là-bas, on sent que les gens ont un véritable amour pour la musique, c’est dans leur culture, dans leurs origines. J’ai eu une date au Sisyphos qui a été magique, de quatre heures à sept heures du matin. C’est l’une de mes meilleures expériences émotionnellement, où il s’est vraiment passé quelque chose. Une autre date importante, c’est mon début à Heideglühen, un club où je rêvais de jouer. J’y avais vu ma mère jouer pour la première fois, et pouvoir faire ma première date là-bas a été un moment magique. Cercle a également été une super expérience, qui a permis de me mettre en lumière localement, je n’aurais jamais imaginé vivre une expérience comme celle-ci à ce stade de ma carrière, j’en suis toujours très reconnaissante.

Comment tu construis un set ?

La première étape, c’est forcément de digger un peu. Après, tout dépend des soirées. Parfois, j’ai déjà ce qu’il faut sur ma clé USB, et j’aime aussi jouer avec une sélection qui fait déjà partie de moi depuis un moment. Dans ce cas, je ne fais pas de session supplémentaire. Autrement, je regarde quels artistes vont m’entourer, l’ambiance du club, et j’essaie de capter à peu près ce que je vais jouer. Je prépare souvent une playlist en lien avec l’event, et j’y mets un peu en bazar ce que j’aimerai éventuellement jouer. Mais en réalité, je joue surtout ce que j’aime au moment venu. Ce n’est jamais pré-préparé. Parfois, je reviens sur d’anciennes playlists pour piocher un ou deux tracks que j’ai envie de rejouer sur l’instant.

“Quand on parle de house, il y a une énorme palette de sous-genres. Aujourd’hui, j’essaie de ne plus me limiter.”

À côté – Nahomi

Quel est ton objectif dans la musique ?

Je pense qu’il ne faut pas avoir d’objectifs précis, sinon c’est une quête sans fin et des déceptions, il faut essayer de prendre les choses comme elles viennent. Bien sûr, c’est important de se lancer des challenges, mais le mot « objectif » n’est pas forcément le plus juste. Pour moi, la vraie question est plutôt: qu’est-ce que tu as envie de raconter? Pourquoi tu fais ça ? Moi, c’est clairement par amour de la musique. C’est aussi pour transmettre une culture dans laquelle j’ai été éduquée et, surtout, pour raconter quelque chose. Si on peut appeler ça un objectif, alors oui, c’est le mien, et ça me plaît vraiment.

Quel est ton rôle pour Transition Radio ?

Je suis résidente depuis deux ans et je vais entamer ma troisième année. J’en suis très fière, parce que c’est une radio qui porte des valeurs qui me sont ultra importantes, inclusives, engagées, politiques. Ils défendent aussi la diversité dans leurs propositions musicales. J’ai quatre shows par an pour mon concept «Child of the Beat». C’est un projet que j’ai créé pour ce radio show, qui valorise les artistes locaux et met en lumière la scène suisse à mon échelle. J’essaie de pousser certains talents et de proposer une diversité dans la musique électronique.

À quelle étape es‑tu en production musicale ?

C’est vraiment le tout début pour moi. Je ne me suis jamais pressée de produire en tant que DJ. Mais dans le milieu, il y a beaucoup de pression. Si tu n’es pas à la fois DJ et producteur, on peut moins te valoriser. On te dit qu’il faut absolument cette étiquette, mais moi je trouve ça complètement idiot. Il faut faire son chemin et prendre le temps. Bien sûr, si tu as quelque chose à raconter en production, il faut s’y mettre à un moment sinon ça n’arrivera jamais. Beaucoup de jeunes de notre génération font l’erreur de produire juste pour produire sans avoir forcément quelque chose à raconter derrière.  Moi, je suis vraiment au début, en phase d’exploration.

Industrie – Nahomi

Que penses-tu de cette nouvelle vague de DJ ?

Je pense que tout le monde a sa place, chacun à sa façon. Aujourd’hui, les réseaux prennent une place énorme sur la scène. Ce n’est pas les valeurs avec lesquelles j’ai grandi. S’afficher, être influenceur en parallèle de DJ, ce n’est pas moi. De mon côté, jai envie de faire de la musique, pas forcément de promouvoir mon image. Bien sûr, il faut trouver un équilibre, nous sommes obligés aujourd’hui de faire au minimum ce travail-là, sinon c’est compliqué d’exister sur cette scène. Cela dit, je respecte le travail de ceux qui le font. C’est un vrai travail et une approche à part entière mais qu’il faut différencier de notre corp de métier/passion de ce que c’est vraiment d’être un Dj.

D’après ton expertise, est‑ce que les DJ sont bien ou mal représentés ?

Les DJ, en général, je trouve qu’ils sont plutôt bien représentés. Ça fait une petite dizaine d’années que le métier est devenu à la mode, un peu comme YouTubeur à une époque, quelque chose que beaucoup de jeunes voulaient faire. Aujourd’hui, il y a de la place mais c’est devenu une très grande industrie et ça a tué certains aspects qui sont important à mes yeux. De mon point de vue, dans l’ensemble, je ne pense pas que nous soyons sous-représentés sur le plan artistique, mais il y a toujours des minorités qui sont en lutte pour avoir un peu de lumière, et en tant que femme c’est toujours un combat, car cela reste un milieu majoritairement masculin.

Crédits

Reporter : Samuel Bouverat

Photo : Samreeez

Direction artistique : Samreeez

Production : Pacap Studio

Propiété exclusive : Pacap ©

pacapmagazine@gmail.com

Pacap Studio

Accueil

Itw’s

Culture

Set

Panier

About

Instagram

Tiktok

Youtube

LinkedIn

Mise en Relation

Talents

All rights reserved, ©Pacap

Mentions légales

Website by samreeez